Gabon : le procureur Minang a « déshonoré » son doctorat obtenu en France, dénoncent les avocats du camp Bongo

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Les avocats d’Ali Bongo et de sa famille accusent, dans une lettre transmises lundi, le procureur gabonais Eddy Minang d’avoir « déshonoré son grade universitaire », un doctorat obtenu en France, en faisant condamner les proches du président déchu à 20 ans de prison.

Le procureur général près la cour d’appel de Libreville Eddy Minang a obtenu en juillet 2023 un doctorat en droit de l’Université Panthéon-Assas à Paris. Mi-novembre, en leur absence et celle de leurs avocats, la Cour d’appel de Libreville a condamné à 20 ans de réclusion criminelle Sylvia et Noureddin Bongo, épouse et fils d’Ali Bongo, notamment pour des détournements massifs de fonds publics.

Dans leur courrier, adressé au ministre français de l’Enseignement supérieur, à l’Office français de l’intégrité scientifique et à l’Association française des docteurs en droit, les avocats désignent M. Minang comme « l’ordonnateur de cette cruelle parodie de justice » et estime qu’il a « déshonoré son grade universitaire ».

Ils l’accusent aussi d’avoir « a minima avalisé (…) des actes de torture et de barbarie » à l’encontre de leurs clients.

Arrêtés après le coup d’Etat du 30 août 2023 du général Brice Oligui Nguema – depuis élu président en avril – Sylvia et Noureddin Bongo ont été emprisonnés pendant 20 mois au Gabon avant d’être remis en liberté provisoire et autorisés à quitter le pays.

Ils possèdent comme Ali Bongo la nationalité française et ont déposé une plainte pour « tortures » devant la justice française. Ils affirment avoir été, durant leur détention au Gabon, « violemment torturés à répétition par les militaires les plus proches du président Oligui Nguema: fouettés, électrocutés, noyés, battus et bien pire ».

Le général Oligui avait démenti toute forme de torture et promis que Sylvia et Noureddin Bongo feraient l’objet d’un « procès équitable ». Aucun des deux accusés n’est rentré au Gabon pour leur procès, retransmis en direct à la télévision, et ils vivent tous les deux à l’étranger.

L’accusation a estimé les sommes détournées par Sylvia et Noureddin Bongo à 4.917 milliards de CFA, soit près de 7,5 milliards d’euros, des sommes « recyclées, blanchies, et réinvesties » pendant les 14 ans de pouvoir d’Ali Bongo (de 2009 à 2023).

La famille Bongo – le père, Omar, pilier de la Françafrique au pouvoir de 1967 à 2009, puis le fils, Ali – a dirigé pendant 55 ans le Gabon, un petit Etat d’Afrique centrale riche en pétrole

Dorcas GANMAGBA
Dorcas GANMAGBA
Journaliste, Rédaction en Chef

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