Le gouvernement camerounais a annoncé mercredi un renforcement des contrôles dans la filière aurifère, affirmant que les écarts constatés entre les volumes d’or produits et ceux officiellement déclarés sont principalement liés à une sous-déclaration de la production par certains opérateurs privés.
« Le principal problème ne réside pas nécessairement dans une disparition de l’or appartenant à l’État, mais dans la sous-déclaration d’une partie de la production réalisée par certains opérateurs privés », a déclaré le ministre par intérim des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique, Fuh Calistus Gentry, lors d’une conférence de presse conjointe avec le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi.
Cette réforme intervient alors que le secteur minier camerounais fait l’objet de critiques récurrentes concernant la faiblesse des recettes tirées de l’exploitation de l’or. Selon Fuh, cette sous-déclaration priverait l’État d’une partie des recettes issues de l’impôt synthétique minier et de la taxe à l’exportation.
Le gouvernement prévoit de renforcer les contrôles sur les sites d’exploitation, d’instaurer des seuils minimaux de livraison de l’or, d’améliorer le suivi des différentes étapes de récupération du minerai et de renforcer la traçabilité de la production.
Le ministre a également annoncé la poursuite de l’assainissement du secteur. Selon lui, plus de 200 sociétés exercent des activités minières sans titre ou autorisation régulière, et 137 dossiers ont déjà été transmis aux juridictions compétentes.
Les autorités ont par ailleurs confirmé le démarrage de plusieurs projets miniers industriels, dont ceux de fer de Bipindi-Grand Zambi et de Kribi-Lobé.
Dans son rapport 2023, publié en décembre, l’organisation ITIE (Initiative pour la transparence dans les industries extractives) révélait que, selon les chiffres officiels, 953 kg d’or avaient été produits au Cameroun en 2023 et que seuls 22,3 kg avaient été exportés. Or, le total des importations déclarées par les pays acheteurs atteignait 15,2 tonnes d’or, soit 682 fois plus que les exportations déclarées.
Les autorités camerounaises estiment que l’exportation illégale d’or vers les Émirats arabes unis a privé l’État d’environ 2 000 milliards de FCFA (soit 3,5 milliards de dollars) au cours des cinq dernières années.
Le Cameroun, pays d’Afrique centrale qui mise sur l’exploitation de ses ressources minières (fer, diamant, or, bauxite et cobalt notamment) pour développer son économie, s’est doté d’un nouveau code minier en 2023.


