Le nouvel ambassadeur résident de la Russie au Niger a présenté jeudi ses lettres de créances au général Abdourahamane Tiani, chef de la junte au pouvoir, une étape majeure du rapprochement entre les deux pays depuis le coup d’État de 2023, selon une source diplomatique.
Jusqu’ici l’ambassadeur de Russie au Niger résidait à Bamako, au Mali. En août 2025, le président russe Vladimir Poutine a nommé Viktor Voropaev « ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire » de la Russie, résident à Niamey.
Jeudi, Viktor Voropaev a officiellement pris ses fonctions à Niamey. Le Niger est dirigé par le général Abdourahamane Tiani, arrivé au pouvoir après un coup d’État en juillet 2023. La junte, qui prône une politique souverainiste, a tourné le dos à la France pour se rapprocher de nouveaux partenaires, notamment la Russie qui l’aide dans la lutte contre les jihadistes.
Le régime nigérien avait nommé en 2024 le général Abdou Sidikou Issa, chef d’état-major des armées au moment du putsch, comme premier ambassadeur résident à Moscou. Niamey avait qualifié cette nomination d' »incarnation de la volonté de renforcement des relations » avec Moscou « dans une dynamique nouvelle fondée sur le respect mutuel, la souveraineté et les intérêts partagés. »
A l’été 2025, le ministre russe de l’Énergie, Sergueï Tsiviliov, avait exprimé lors d’une visite à Niamey la volonté de son pays « d’exploiter l’uranium » au Niger. Le groupe russe Rosatom et les autorités nigériennes avaient également signé un mémorandum sur la coopération dans le domaine du nucléaire civil.
La question de l’uranium nigérien, longtemps exploité par le groupe français Orano (ex-Areva), est au cœur de la politique de souveraineté revendiquée par la junte.
En juin 2025, le régime militaire avait annoncé la nationalisation du site de la Somaïr (une filiale d’Orano), situé à Arlit, dans le nord du pays, et annoncé quelques semaines plus tard son intention de mettre sur le marché international l’uranium produit.
Si son contenu n’a pas pu être formellement relié à l’uranium nigérien, plusieurs sources, notamment Wamaps, un groupe de journalistes ouest-africains spécialisé dans l’actualité sécuritaire au Sahel, affirment qu’il s’agit des 1.000 tonnes d’uranium ayant quitté Arlit fin novembre.


