Le Mali a été de nouveau visé samedi par des attaques coordonnées d’ampleur des jihadistes et de leurs alliés indépendantistes touareg à travers le pays, quelques semaines seulement après une vaste offensive des rebelles marquée par la prise de la ville stratégique de Kidal et par la mort du ministre de la Défense.
Dès 05H00 (locales et GMT), des attaques ont visé les localités maliennes de Gao, Anéfis, Aguelhok (nord), Sévaré (centre) et contre la prison de Kéniéroba (ou Kenioroba) à 70 kilomètres au sud de Bamako, selon l’armée, des habitants et des sources sécuritaires.
Ces combats sont survenus un peu plus de deux mois après des attaques d’ampleur menées par le JNIM (affilié à Al Qaïda) et les indépendantistes du FLA (Front de Libération de l’Azawad) les 25 et 26 avril qui ont porté un coup considérable à la junte au pouvoir à Bamako et tué le ministre de la Défense.
L’armée malienne a dans un premier temps assuré samedi, dans un communiqué, que ces attaques avaient été « vigoureusement repoussées ». Plus tard dans la journée, elle a indiqué avoir également repoussé des attaques dans les villes de Konna et Somadougou, dans le centre du pays, avec l’aide des paramilitaires russes d’Africa Corps, une rare reconnaissance publique de la collaboration avec ce groupe.
Cependant, un élu local d’Anéfis a indiqué à l’AFP que « les rebelles contrôlent la ville » et que « les (paramilitaires) russes sont retranchés dans le camp (militaire). Les rebelles du FLA ont fait beaucoup de prisonniers militaires maliens à Anéfis ».
Un peu plus tôt, les indépendantistes du FLA avaient affirmé avoir pris « plusieurs postes » à Anéfis, selon un porte-parole des rebelles, Mohamed Elmaouloud Ramadane.
Anéfis et Aguelhok sont les derniers lieux où l’armée malienne est présente dans la région de Kidal, depuis les attaques des 25 et 26 avril.
Véritable camouflet pour les militaires au pouvoir, Kidal, ville stratégique du nord Mali, est passée sous le contrôle des rebelles touareg du FLA lors de ces offensives.


