Une journaliste burundaise détenue depuis avril 2024 a été condamnée mercredi à quatre ans de prison ferme, a déclaré un de ses avocats, qui a dénoncé un processus « inique et erratique ».
Sandra Muhoza, qui travaille pour le média en ligne La Nova Burundi, avait comparu devant le tribunal de Ngozi (nord) le 19 décembre dernier. Elle était apparue très affaiblie et marchant à l’aide d’une béquille. Un proche a indiqué qu’elle souffrait d’une hernie discale. « Ce tribunal a annoncé son verdict hier (mardi) et a notifié notre cliente cet après-midi à la prison de Ngozi où elle est détenue qu’elle a été condamnée à quatre ans de prison pour atteinte à l’intégrité du territoire national et aversion raciale », a déclaré l’un de ses avocats.
Il a indiqué qu’ils allaient faire appel et dénoncé un processus « inique et erratique ». Une peine de 12 ans de prison avait été requise par le ministère public. Les proches de la journaliste, qui n’ont pas voulu commenter la condamnation, ont assuré à la presse que les services pénitentiaires lui ont refusé d’accéder aux soins appropriés dans un hôpital.
La journaliste a été condamnée pour des informations qu’elle avait partagées sur un groupe privé WhatsApp, selon l’ONG Reporters sans frontières (RSF), qui a dénoncé dans un communiqué une « peine très sévère » et des « accusations forgées de toutes pièces ». Les accusations portaient, selon l’organisation, sur un message où elle « s’est fait l’écho d’une information relative à une distribution d’armes par le gouvernement ».
La condamnation de la journaliste « montre les intentions réelles des autorités judiciaires : continuer à considérer le journalisme comme un crime », a poursuivi RSF dans un communiqué, soulignant que Mme Muhoza est la seule femme journaliste arbitrairement détenue en Afrique subsaharienne.
La journaliste avait été condamnée par le tribunal de grande instance de Mukaza (Bujumbura) fin 2024 à un an et neuf mois de prison. La cour d’appel de Bujumbura a ensuite annulé cette décision en mai 2025 et renvoyé l’affaire devant le tribunal de Ngozi, où l’infraction avait été prétendument commise, a précisé son avocat.
Le Burundi pointe au 125e rang (sur 180 pays) du classement de la liberté de la presse de RSF.


