Sénégal : un collectif s’oppose à la candidature de l’ex-président Macky Sall à l’ONU

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Un collectif se présentant comme des victimes de la répression sous l’ex-président sénégalais Macky Sall a annoncé vendredi s’opposer à sa candidature au poste de secrétaire général de l’ONU, l’accusant de « crimes de sang et économiques ».

Macky Sall, qui a dirigé le Sénégal de 2012 à 2024, est accusé par les nouvelles autorités d’avoir réprimé les violentes manifestations politiques ayant fait, entre 2021 et 2024, des dizaines de morts et d’avoir dissimulé des chiffres économiques importants, comme la dette publique. Sa candidature pour le poste de secrétaire général de l’ONU n’a pas été soumise par son pays, le Sénégal, comme c’est souvent l’usage, mais par le Burundi, qui assure actuellement la présidence tournante de l’Union africaine (UA).

Macky Sall « ne mérite pas d’être secrétaire général de l’ONU », s’est insurgé Pape Abdoulaye Touré, un responsable du collectif des « Familles de martyrs », lors d’une conférence de presse.

De nombreuses formations politiques et personnalités ont réclamé ces derniers jours que le Sénégal soutienne la candidature de l’ancien président, afin de promouvoir le rayonnement diplomatique du pays ouest-africain.

Mais le ministre des Affaires étrangères, Cheikh Niang, a déclaré jeudi à la presse locale que le Sénégal « n’a pas été associé à cette démarche ».

Les nouvelles autorités sénégalaises, au pouvoir depuis avril 2024, avaient annoncé en août 2025 avoir ouvert des enquêtes « sur les crimes contre l’humanité » présumés commis lors des violences entre 2021 et 2024 sous Sall.

Au moins 65 personnes avaient été tuées – dont 51 par balles, en grande majorité des jeunes – entre mars 2021 et février 2024 pendant des manifestations à l’appel de l’opposition, selon le bilan établi par un collectif réunissant des journalistes et des scientifiques. Nombre de jeunes avaient aussi été blessés ou placés en détention. Des responsables parmi les nouvelles autorités avancent un nombre de morts plus élevé, jusqu’à plus de 80.

Une loi d’amnistie couvrant ces violences entre 2021 et 2024 avait été adoptée en mars 2024. Le Conseil constitutionnel a toutefois estimé en avril 2025 que ces crimes présumés sont « imprescriptibles » et peuvent être jugés

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