RDC : « Au moins 200 morts » après un glissement de terrain sur le site minier de Rubaya

Publié le:

Kinshasa a déclaré ce dimanche craindre un bilan d' »au moins 200 morts », après le glissement de terrain « massif » survenu mercredi dernier sur le site minier de Rubaya.

Le ministère de la Communication dans un communiqué, après avoir annoncé que l’ “éboulement massif aurait fait au moins 200 morts », a exprimé sa « profonde consternation » après ce « drame » survenu dans les puits de coltan de Rubaya.

L’ambassade de Belgique à Kinshasa a aussi exprimé ce dimanche dans un message sur X « sa solidarité après les tragiques éboulements ».

Selon des informations encore très partielles , un pan de colline s’est détaché mercredi dans l’après-midi suite à des pluies sur le site minier de Luwowo. Un site situé dans le périmètre minier de Rubaya, à environ 70 kilomètres à l’ouest de la grande ville de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu.

Eraston Bahati Musanga, gouverneur de la province du Nord-Kivu nommé par le M23 s’est rendu à Rubaya vendredi dernier. Musange, chef du M23 groupe rebelle qui contrôle et exploite le site a aussi après sa visite fait état d’un bilan d' »au moins 200 morts ».

Musange a par ailleurs affirmé que des corps ont été tirés des gravats, sans toutefois donner de chiffre.

En effet, les informations parviennent « au compte-goutte par des motards qui circulent » dans la région, empêchant à ce stade d’établir un bilan exact, a expliqué une source humanitaire.

Des blessés ont été transportés dans des centres de soins locaux, qui ont souvent peu de moyens, a précisé une autre source humanitaire.

Les mines de Rubaya emploient des milliers de mineurs artisanaux qui travaillent chaque jour dans des conditions précaires et sans mesure de sécurité, le plus souvent munis de simples pelles et d’une paire de bottes en caoutchouc.

Il faut noter que le cité minière de Rubaya s’étend sur plusieurs dizaines de km2 dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), et produit entre 15 et 30% du coltan mondial. Un minerai stratégique pour l’industrie électronique et la RDC détiendrait au moins 60% des réserves mondiales.

Pour de nombreuses familles locales, c’est cette activité constitue leur source de revenus même si les salaires sont généralement très bas.

« Pillage » organisé

Selon des experts de l’ONU, le M23 a mis en place à Rubaya « une administration semblable à celle d’un Etat », délivrant « des permis aux creuseurs et aux opérateurs économiques ».

Le site étant contrôlé par le M23, la taxation des activités minières par le groupe armé lui rapporte plusieurs centaines de milliers de dollars par mois, selon ces experts.

L’est du pays, ravagé par des conflits depuis trente ans, a connu un regain de violences depuis 2021 avec la résurgence du groupe armé M23, qui s’est emparé avec le soutien de l’armée rwandaise des grandes villes de Goma et Bukavu en janvier et février 2025.

Face à cette situation, Kinshasa a appelé ce dimanche « la communauté internationale à prendre pleinement la mesure de ce drame », conséquence d' »une occupation armée et d’un système organisé de pillage » par le M23 et le Rwanda.

Le site de Rubaya avait été classé en statut « rouge » en février 2025, interdisant « toute activité d’exploitation et de commercialisation » des minerais, rappelle le gouvernement congolais.

Toutefois « entre 112 et 125 tonnes de coltan sont extraites chaque mois » dans le périmètre de Rubaya « et acheminées exclusivement vers le Rwanda », selon Kinshasa, qui affirme faire le constat de « la faillite manifeste des mécanismes internationaux et régionaux de traçabilité ».

Jean LHUILLERY
Jean LHUILLERY
Journaliste

Partager:

S'abonner

spot_imgspot_img

Populaire

Plus d'articles similaires
Articles Similaires

Egypte- Jordanie : Al-sissi et la Abdallah disent non au « déplacement des Palestiniens »

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi et le roi...

Algérie : l’armée annonce avoir tué quatre « terroristes »

L'armée algérienne a abattu quatre "terroristes" armés lors d'une...

Guinée-Bissau : la junte libère plusieurs opposants dont Fernando Dias

L'opposant bissau-guinéen Fernando Dias, réfugié dans une ambassade depuis...

Côte d’Ivoire : l’ambassadrice du Niger “convoqué » suites aux accusations de Tiani

La ministre ivoirienne des Affaires étrangères, Kaba Nialé, a...