Au moins 38 personnes ont perdu la vie en début de semaine lors d’une attaque contre des coupeurs de bois et un village dans le nord-est du Nigeria, ont rapporté ce vendredi des miliciens anti-jihadistes et des habitants. Une double attaque qui n’a à ce jour suscité aucune réaction des autorités du Nigéria.
Deux miliciens anti-jihadistes ont indiqué qu’un détachement de combattants de l’Iswap a encerclé mardi dernier un groupe de personnes coupant du bois dans une forêt à l’extérieur de la ville de Mafa, tuant 27 d’entre eux et en enlevant 18 autres.
Babakura Kolo membre d’une milice qui aide l’armé rapporte qu’ »Ils en ont égorgé 27 et emmené 18 autres dont on ignore toujours le sort ». Ce témoignage a été confirmé par Ibrahim Liman, un autre milicien, qui a précisé que les coupeurs de bois venaient de Mafa, située à 60 kilomètres de Maiduguri, la capitale de l’État de Borno.
Alors que ces miliciens évoquent 27 morts et 18 portés disparus, Amnesty International a indiqué dans un message publié sur X que « 20 personnes déplacées » avaient été tuées et 30 enlevées alors qu’elles ramassaient du bois de chauffage dans la forêt près de Mafa.
D’un autre côté, des jihadistes de l’ISWAP avaient commencé ces attaques meurtrières lundi par le village de Kautikeri, près de la ville de Chibok, tuant 11 personnes et incendiant plusieurs habitations.
« Les terroristes ont attaqué le village et tué 11 personnes. Ils ont brûlé plusieurs maisons et greniers avant de se replier sur leur repaire dans la forêt voisine de Sambisa », a indiqué Manasseh Allen, président de la Chibok Area Development Association (CADA), une union socioculturelle du district de Chibok.
Notons qu’après l’enlevement à Chibok de 276 lycéenes en 2014 276 lycéennes par le groupe islamiste Boko Haran, l’ISWAP et son rival Boko Haram ciblent de plus en plus les agriculteurs, pêcheurs, coupeurs de bois, éleveurs et collecteurs de ferraille de la région, les accusant d’espionnage et de transmettre des informations à l’armée.


