Un journaliste malien a été placé en détention lundi à l’issue de sa convocation devant la justice, quelques jours après avoir ouvertement critiqué la junte au pouvoir lors d’un forum des médias à Bamako.
Chahana Takiou, directeur de publication du bihebdomadaire malien « 22 septembre », avait été convoqué par le procureur du pôle de lutte contre la cybercriminalité lundi après-midi, après une sortie contre la junte lors du Forum panafricain des médias que Bamako a abrité du 3 au 6 juin. Des membres de la famille de Chahana Takiou ont confirmé le placement en détention.
Depuis leur arrivée au pouvoir lors d’un putsch en 2020, les militaires ont imposé des restrictions sévères aux libertés en réduisant au silence l’opposition et les voix dissidentes par des mesures coercitives, des mises en cause judiciaires et la dissolution des partis politiques.
« Il n’y a aucune dynamique de paix au Mali. Vous arrêtez les journalistes et au lieu de les juger selon le régime de presse et délit de presse au Mali, c’est la loi sur la cybercriminalité que vous appliquez », avait lancé Chahana Takiou durant le Forum, lors d’un panel animé par Idrissa Hamidou Touré, procureur d’un tribunal de Bamako.
« J’ai cinq éléments dans la salle, je peux vous faire arrêter tout de suite si je veux », avait rétorqué le procureur, présent dans la salle. La séquence a largement été relayée sur les réseaux sociaux.
Le Mali occupe la 121e place sur 180 pays dans le classement mondial de la liberté de la presse de RSF établi en 2026.
Ce pays sahélien est confronté depuis 2012 à une profonde crise sécuritaire, nourrie notamment par les violences de groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation Etat islamique (EI), ainsi que de groupes criminels communautaires et des indépendantistes.


