Le régime militaire du Niger a annoncé vendredi la création prochaine d’auxiliaires civils de l’armée pour combattre les groupes jihadistes qui endeuillent le pays depuis une décennie.
En dépit d’un déploiement militaire massif, la junte qui dirige le Niger depuis un coup d’Etat en juillet 2023 peine à endiguer les violences frappant depuis 2017 plusieurs zones du pays, où opèrent des jihadistes de l’Etat islamique au Sahel (EIS) et du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), la branche sahélienne d’Al-Qaïda.
Selon les médias d’Etat, le conseil des ministres nigériens a adopté vendredi une ordonnance pour créer des « organisations territoriales d’autodéfense ». Ces groupes seront des « auxiliaires des forces de défense et de sécurité (FDS) », précise un communiqué du gouvernement lu à la radio et à la télévision publiques. Les FDS au Niger (armée, police, gendarmerie, gardes nationaux) sont responsables de la défense du territoire et de la protection des populations contre les menaces terroristes.
Les nouvelles organisations civiles seront constituées de personnes « engagées volontairement » pour « contribuer à la défense de la patrie ». Elles seront dotées « d’armements et d’équipements » et se verront confier des « missions de sensibilisation, de renseignement et d’autodéfense de leurs terroirs respectifs », explique le communiqué.
Les auxiliaires seront recrutés parmi des « anciens agents des FDS et des habitants » des zones concernées, et bénéficieront d’avantages sociaux et pécuniaires, assure le même communiqué.
Depuis quelques années, l’armée nigérienne a toléré la création par les villageois de milices d’autodéfense (sous-équipées et mal formées), donnant lieu à des affrontements sanglants avec des jihadistes.
Fin février, 25 miliciens d’autodéfense ont été tués dans des embuscades de terroristes dans la commune d’Anzourou (ouest) proche du Mali, selon des sources locales. Mercredi, toujours à l’ouest, au moins huit policiers nigériens ont été tués dans une attaque jihadiste près de la grande ville de Tillabéri.
Dans sa partie sud-est, le Niger subit également les attaques de Boko Haram et de Iswap. Le Burkina Faso, frontalier du Niger, a créé il y a plusieurs années des supplétifs civils de l’armée, les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), pour lutter contre les violences jihadistes auxquelles le pays fait face depuis plus d’une décennie.


