L’opposant bissau-guinéen Fernando Dias, réfugié dans une ambassade depuis le coup d’État de fin novembre, a retrouvé la liberté dans la nuit de vendredi à samedi. Au même moment, l’opposant Domingos Simoes Pereira, également libéré, a ensuite été placé en résidence surveillée, informe autorités bissau-guinéen.
Dans la nuit de vendredi à samedi, Fernando Dias et l’ancien Premier ministre Geraldo Martins ont été libérés, a confirmé ce samedi Gabriel Yé, chargé de communication du candidat Dias à la présidentielle.
« Il a été libéré hier tard dans la soirée. Il n’est pas en résidence surveillée », a déclaré M. Yé. « Les seules restrictions qui lui ont été imposées par les autorités militaires sont de s’abstenir de déclarations publiques ou de faire des activités politiques », a-t-il cependant souligné.
De son côté, l’important chef de l’opposition Domingos Simoes Pereira, libéré vendredi soir d’une prison de Bissau, est le seul des opposants arrêtés après le coup d’État à être maintenu en résidence surveillée.
« Tous les détenus dans le cadre du coup d’État ont été libérés », a confirmé le responsable de la communication de l’état-major de l’armée bissau-guinéenne, le commandant Jorgito Biague.
« Domingos Simoes Pereira est le seul qui soit en résidence surveillée pour des raisons de délits économiques. Son cas est entre les mains de la justice et non du haut commandement militaire », a-t-il expliqué..
Vendredi soir, il a été escorté jusqu’à sa résidence, dans la périphérie est de la capitale, où il a été accueilli chaleureusement par ses partisans.
Farouche opposant au président Embalo, M. Pereira est le leader du PAIGC, parti historique ayant mené le pays à l’indépendance en 1974. Il avait été écarté de la présidentielle pour avoir déposé son dossier de candidature trop tardivement. Il avait ensuite soutenu Fernando Dias.
Dans un communiqué en date du vendredi, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a « salué » les mesures prises récemment par les autorités de la transition visant, selon elle, à « favoriser un environnement politique inclusif et à faire progresser le retour du pays à l’ordre constitutionnel ».
Elle appelle également à « la libération complète » de M. Pereira et à la « garantie des droits et libertés fondamentaux pour tous les citoyens ».
L’organisation exhorte en outre « toutes les parties prenantes à collaborer en vue d’une transition pacifique et crédible menant à des élections démocratiques ».


