Cameroun : deux figures de l’opposition arrêtées avant les résultats de la présidentielle

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Deux figures de l’opposition camerounaise, soutiens de l’opposant Issa Tchiroma Bakary, qui a revendiqué la victoire à la présidentielle du 12 octobre face au président sortant Paul Biya, ont été arrêtées vendredi, d’après leurs partis.

Ces arrestations interviennent avant la publication lundi des résultats officiels du scrutin par le Conseil constitutionnel. La plupart des analystes s’attendent à ce que Paul Biya, 92 ans, remporte un huitième mandat, dans un système que ses détracteurs accusent d’avoir été verrouillé au fil de ses 43 ans au pouvoir.

Djeukam Tchameni, président du Mouvement pour la démocratie et l’interdépendance au Cameroun (MDI) et Anicet Ekane, président du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance du Cameroun (Manidem) ont été interpellés à leurs domiciles de Douala vendredi, selon l’Union pour le changement 2025, une coalition de partis qui avait désigné Issa Tchiroma Bakary comme candidat consensuel de l’opposition pour la présidentielle d’octobre.

Dans un communiqué, la coalition précise que les opposants ont été arrêtés par des hommes « encagoulés et armés « identifiés comme appartenant au Bataillon d’intervention rapide (BIR) », une unité d’élite de l’armée, et transporté « vers une destination inconnue ».

Dans un autre communiqué, le MDI accuse le régime en place de « manipulation grossière » et d’intimidation politique » notamment par la mise en circulation « de « fausses informations (…) laissant entendre que des armes ou de faux procès-verbaux électoraux auraient été retrouvés au domicile de Tchameni ».

Le Manidem a « dénoncé des arrestations abusives dont le but manifeste est d’intimider les [Camerounais] qui attendent que le verdict des urnes soit respecté ».

Issa Tchiroma qui assure avoir remporté 54,8% des suffrages contres 31,3% pour le président sortant Paul Biya a appelé ses partisans à poursuivre les mobilisations de rue débutées la semaine dernière lors de marches pacifiques dimanche à travers le pays.

Le gouvernement camerounais a interdit, depuis de mercredi, les rassemblements publics et la circulation des mototaxis dans plusieurs villes, et notamment dans la capitale Yaoundé.

De fortes perturbations de l’accès à Internet ont également été constaté ces derniers jours, qui selon Netblocks, une organisation de surveillance de la cybersécurité « pourrait limiter la couverture des événements sur le terrain au milieu des appels à annuler les résultats de l’élection présidentielle ».

Dorcas GANMAGBA
Dorcas GANMAGBA
Journaliste, Rédaction en Chef

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