Burkina Faso : Amnesty International appelle la junte à ne pas rétablir la peine de mort

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L’ONG Amnesty International a appelé vendredi le régime militaire au Burkina Faso à « immédiatement mettre fin » à son projet de rétablir la peine de mort sept ans après son abolition.

La junte burkinabè, dirigée par le capitaine putschiste Ibrahim Traoré, a adopté jeudi un projet de loi visant à rétablir la peine de mort dans son code pénal, abolie en 2018 sous le régime civil de Roch Marc Christian Kaboré. « Ce projet de code pénal rétablit la peine de mort pour un certain nombre d’infractions que sont la haute trahison, les actes de terrorisme, les actes d’espionnage, entre autres », selon le gouvernement burkinabè.

La dernière exécution recensée dans le pays remonte à 1988, selon Amnesty. « Le Burkina Faso doit immédiatement mettre fin à tout projet de rétablissement de la peine de mort, quelle que soit la nature des infractions ou des crimes commis », a exhorté vendredi Marceau Sivieude, directeur régional de l’ONG pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale.

Le projet de loi, qui doit être validé par l’Assemblée législative de transition, créée par la junte, « sanctionne » également « la promotion et les pratiques homosexuelles et assimilées », selon le gouvernement. « L’Assemblée législative de transition doit s’opposer à la réintroduction de la peine de mort dans le code pénal », a exhorté Marceau Sivieude.

En septembre, pour la première fois, le pays avait adopté une loi prévoyant des peines pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison pour les « auteurs de pratiques homosexuelles. »

Le Burkina est actuellement dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré, arrivé au pouvoir après un coup d’État militaire en septembre 2022. Il mène depuis une politique souverainiste et hostile à l’Occident, dont il critique notamment certaines « valeurs ». Le pays s’est par ailleurs rapproché de nouveaux partenaires comme la Russie et l’Iran.

En octobre, la junte a libéré huit membres de l’ONG INSO spécialisée dans la sécurité humanitaire, dont trois Européens – un Français, une Franco-Sénégalaise et un Tchèque -, qui avaient été arrêtés pour « espionnage ».

Le pays est miné dans de larges pans de son territoire par les attaques de groupes armés jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique depuis une dizaine d’années.

La junte réprime régulièrement les voix qui la critiquent, notamment à propos de la situation sécuritaire qui s’est dégradée depuis son arrivée au pouvoir. « La peine de mort (…) risque d’être utilisée comme un outil répressif pour punir les voix discordantes », prévient le directeur régional d’Amnesty. Par ailleurs, plusieurs ONG accusent la junte d’utiliser l’enlèvement comme moyen de répression des voix critiques.

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