Après quatre mois en détention, Ali Soumana, directeur de l’hebdomadaire, Le Courrier, a été remis en liberté a annoncé son journal ce vendredi. » Ali Soumana a été libéré hier soir (jeudi) de la prison après plus de quatre mois de détention », a indiqué la rédaction de son journal sans donner des précisions sur les circonstances de sa libération.
Le Directeur de presse a été interpellé après avoir, évoqué dans un article publié fin août 2025, une affaire de « fraude de cigarettes » portant sur « plusieurs milliards de francs CFA ». Une affaire citant plusieurs personnalités dont le Premier ministre, Ali Mahaman Lamine Zeine, qui avait porté plainte.
Ali Soumana avait été inculpé le 8 septembre notamment pour « diffamation et diffusion d’informations de nature à troubler l’ordre public ».
Incarcéré à la prison de Say, à une cinquantaine de kilomètres de Niamey, le journaliste était également accusé d' »atteinte à la dignité humaine ».
LA LIBERTÉ DE PRESSE EN RECULE AU NIGER DEPUIS LE PUTSCH DENONCE LES ORGANISATION INTERNATIONAL
Le Niger est dirigé depuis plus de deux ans par un régime militaire dont la répression des voix discordantes est régulièrement dénoncée par des ONG internationales.
Pour l’ONU, 13 journalistes dont M. Soumana avaient été arrêtés en 2025 sous des accusations de diffamation, d’atteinte à la sécurité nationale et de complot contre l’autorité de l’État, en vertu de la loi révisée sur la cybercriminalité adoptée en juin 2024.
En juin, deux journalistes de la radio privée Sahara FM, arrêtés début mai à Agadez (nord), ont été incarcérés pour « atteinte à la défense nationale » et « complot contre l’autorité de l’État ».
Hassane Zada, en septembre, avait été condamné à 30 mois de prison de ferme par la justice nigérienne.Ce journaliste et figure de la société civile, a été arrêté pour « propos injurieux » à l’encontre du chef de la junte, le général Abdourahamane Tiani.
En novembre, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, avait appelé les autorités du Niger à libérer tous les journalistes détenus dans le pays et « mettre fin à toutes les procédures qui excèdent les limites strictes fixées par le droit international » en matière de droits humains.
Amnesty International, de son côté révèle que les violations des droits civils et politiques ont augmenté au Niger depuis le putsch.
Par ailleurs, le Niger est 83e sur 180 pays dans le classement de la liberté de la presse de l’ONG Reporters sans Frontières.


