Niger : le chef du régime militaire proclamé président de la république

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Le chef du régime militaire nigérien, arrivé au pouvoir par un coup d’Etat en juillet 2023, a été proclamé président de la république et entériné une durée de cinq ans au minimum au pouvoir mercredi, lors d’une cérémonie à Niamey retransmise à la télévision d’Etat.

Le général Abdourahamane Tiani, qui a renversé le président élu Mohamed Bazoum – sequestré avec son épouse au palais présidentiel – a en outre été élevé au plus haut grade de l’armée, une promotion « à titre exceptionnel » qui le fait passer du grade de général de brigade à celui de général d’armée.

« Je reçois cette distinction avec beaucoup d’humilité (…) je tâcherai d’être à la hauteur de la confiance placée en moi », a déclaré le général Tiani, visiblement ému, lors de la remise des galons des cinq étoiles.

Le grand chancelier des ordres nationaux Labo Boucher a décoré le général Abdourahamane Tiani du « Grand collier de président de la république » et « chef suprême des armées ». La cérémonie a été présidée par le général Salifou Mody, le ministre de la Défense, au rythme de la fanfare militaire et des applaudissements au Centre des conférences Mahatma Gandhi de Niamey. Ces deux décisions font partie des recommandations d’assises nationales tenues en février. Lors de la cérémonie mercredi, Tiani a également promulgué la nouvelle charte nationale élaborée lors des assises.

Cette charte a fixé la durée du régime de la junte au pouvoir à cinq ans minimum, une période « modulable en fonction » notamment de la situation sécuritaire du pays, miné par des attaques jihadistes depuis une dizaine d’années.

La charte permet en outre le recours au référendum populaire concernant l’installation de bases militaires étrangères. Le régime a obtenu depuis fin 2023 et en 2024 le départ des soldats français et américains qui étaient présents sur son sol pour lutter contre les groupes jihadistes

Par ailleurs, elle dissout les partis politiques et autorise la libération de « certaines personnes civiles et militaires prévenues ou condamnées » pour « tentatives de déstabilisation » du pouvoir au cours des dix dernières années. Les assises ont aussi recommandé que les dirigeants actuels aient le droit de se présenter à des élections. Aucune date n’est prévue pour le moment.

Marc PHILIPPE
Marc PHILIPPE
Journaliste

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