Une vingtaine de civils ont été tuées lundi à l’aube dans le nord du Mali quand leurs véhicules ont été pris pour cible, ont affirmé des sources locales, accusant des mercenaires du groupe russe Wagner et des militaires maliens, l’armée malienne évoquant de son côté une « série d’accrochages » avec « des groupes armés terroristes ».
Selon ces sources locales, des personnes migrantes voyageant clandestinement vers l’Algérie figurent par les victimes. Dans un communiqué publié lundi soir, le Front pour la libération de l’Azawad (FLA) – une coalition indépendantiste du nord – a dénoncé la poursuite d’un « nettoyage ethnique mené par la junte de Bamako contre la population de l’Azawad ». « Ce 17 février 2025, deux véhicules de transport civils en partance pour l’Algérie depuis Gao ont été interceptés par la coalition terroriste FAMA (Forces armées maliennes)/Wagner. Parmi les passagers, au moins 24 personnes (…) ont été froidement exécutées par l’armée malienne et les mercenaires russes de Wagner », affirme le communiqué.
De son côté, dans un communiqué publié tard lundi soir, l’armée malienne évoque « une série d’accrochages entre des patrouilles FAMA » (Forces armées maliennes) et « des groupes armés terroristes » dans le secteur de Telemsi, faisant état d’un « bilan provisoire de sept terroristes neutralisés », « plusieurs armes et une énorme quantité de munitions récupérées ».
Depuis qu’ils ont a pris le pouvoir lors de coups d’État en 2020 et 2021 au Mali, les militaires ont rompu la vieille alliance avec l’ancienne puissance coloniale française et se sont ensuite tournés militairement et politiquement vers la Russie.
Le Mali est en proie depuis 2012 aux agissements de groupes affiliés à Al-Qaïda et au groupe État islamique (EI) et aux violences de groupes communautaires et crapuleux. L’ONG Human Rights Watch (HRW) avait dénoncé mi-décembre dernier les « atrocités » commises contre les civils par l’armée malienne et son allié russe Wagner, ainsi que par les groupes armés islamistes.