Le Mali interdit la vente du journal Jeune Afrique dans le pays

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Les autorités maliennes ont annoncé vendredi l’interdiction dans le pays de la vente et de la distribution de l’hebdomadaire Jeune Afrique (JA), qu’elles accusent notamment d' »apologie du terrorisme », de « diffamation » et d' »incitation à la haine ».

« La circulation, la distribution et la vente du journal Jeune Afrique sont interdites sous toutes ses formes au Mali », selon un communiqué du ministère de l’Administration territoriale. Les autorités justifient cette décision par « la nécessité de préserver l’ordre public » dans le pays, dirigé par des militaires depuis deux coups d’État en 2020 et 2021. Elles reprochent notamment au journal des « accusations fallacieuses et subversives » en lien avec la perturbation de l’approvisionnement en hydrocarbures dans le pays, ainsi que de faire l' »apologie au terrorisme ».

Le gouvernement malien a aussi évoqué des « allégations d’exactions contre une partie de la population » malienne portées par JA, selon lui, contre les autorités de l’Alliance des États du Sahel (AES), qui réunit le Mali, le Burkina Faso et le Niger.

Enfin, le gouvernement a accusé JA de « diffamation » et d' »incitation à la haine », sans plus de précision. Le pays, dirigé par le général Assimi Goïta, est confronté depuis 2012 à une profonde crise sécuritaire, alimentée notamment par les violences des jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM, affilié à Al-Qaïda) et de l’organisation État islamique (EI), ainsi que de groupes criminels communautaires.

Le Mali avait connu en octobre et novembre une grave pénurie de carburant en raison d’un blocus imposé par le JNIM. Jeudi, JA a publié sur son site un article titré « Crise du carburant au Mali: Pourquoi Assimi Goïta ne parvient à sortir de l’ornière ». Le journal y questionne les solutions mises en place par les militaires face à la crise du carburant. Il évoque également « un dispositif sécuritaire coûteux et difficilement soutenable » pour accompagner les convois de carburant.

Depuis leur avènement, les militaires ont pris des mesures répressives contre la presse, suspendu l’accès ou la diffusion de plusieurs médias – notamment étrangers – et réduit au silence ou emprisonné des journalistes et autres voix critiques. Les correspondants d’un certain nombre de médias étrangers ont été contraints au départ, à l’exil ou au silence faute d’autorisation de travailler.

L’armée malienne et ses alliés, les mercenaires russes d’Africa Corps, chargés notamment de traquer les jihadistes, sont régulièrement accusés de commettre des exactions contre des civils.

Marc PHILIPPE
Marc PHILIPPE
Journaliste

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