Une responsable d’un des principaux partis de l’opposition en Guinée a été « enlevée à son domicile » à Conakry, a indiqué samedi son mouvement dans un pays où les enlèvements de figures de l’opposition se sont multipliées depuis la prise de pouvoir d’une junte en 2021.
Néné Oussou Diallo, membre du Bureau exécutif national de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), a été enlevée « vendredi 9 janvier, aux environs de 9 heures du matin », selon un communiqué de son parti. Cet « enlèvement » a été « perpétré par des agents en uniforme, encagoulés, venus à bord de pick-up non immatriculés », selon l’UFDG. « Compte tenu du mode opératoire, on est fondé à penser que Madame Diallo est victime d’une disparition forcée », selon le parti d’opposition.
Le chef de l’UFDG, qui vit en exil, Cellou Dalein Diallo, a « condamné énergiquement » cet enlèvement. « Vingt-quatre heures après, toutes les démarches menées par la famille et le Parti pour localiser Mme Diallo sont restées infructueuses », a-t-il souligné sur sa page Facebook. L’opposant ajoute qu’il rends la junte « responsable de tout ce qui arriverait à (sa) collaboratrice ».
Depuis 2021, la junte a restreint les libertés. Les disparitions forcées et enlèvements se sont multipliés. Mais les autorités ont toujours affirmé ne rien savoir des cas de disparitions forcées qui ont eu lieu dans le pays.
Le chef de la junte Mamadi Doumbouya été élu pour un mandat de sept ans lors du scrutin du 28 décembre, avec un score fleuve de 86,72% des voix, face à des adversaires sans envergure. Il a remporté, sans faire campagne, une élection taillée sur mesure pour lui.
Pour l’UFDG, « ces disparitions forcées constituent une pratique courante utilisée par la junte pour faire taire définitivement les voix dissonantes et entretenir le climat de peur et de terreur, indispensable à la confiscation du pouvoir politique ». Le parti « exige la libération immédiate et inconditionnelle » de Mme Oussou Diallo.


