Le régime militaire au pouvoir au Burkina Faso a annoncé lors de son conseil des ministres de ce jeudi vouloir dissoudre les partis politiques.
Émile Zerbo, ministre de l’Administration territoriale et de la Mobilité a annoncé qu’un projet de loi visant à dissoudre les partis politiques sera « transmis à l’Assemblée législative de transition dans les meilleurs délais ». Il poursuit en souhaitant que « le patrimoine des partis dissous soit dévolu à l’État ».
L’objectif de cette dissolution des partis politiques est de “préserver l’unité nationale, renforcer la cohérence de l’action gouvernementale, ouvrir la voie à une réforme du mode de gouvernance politique », a expliqué le ministère.
La junte burkinabè justifie cette décision
Pour cause, « Le gouvernement estime que la multiplication des partis politiques a entraîné des dérives, favorisant la division des citoyens et fragilisant le tissu social », explique le compte-rendu du conseil des ministres.
La junte estime que cette décision fait suite « à un diagnostic profond du système partisan qui a relevé de nombreuses dérives dans l’application du régime juridique des partis et formations politiques de notre pays ».
Rappelons que les activités des partis politiques étaient suspendues depuis le coup d’État du 30 septembre 2022, le deuxième en huit mois, ayant porté au pouvoir le capitaine Traoré.
Avant ce coup d’État, le Burkina Faso était dirigé depuis janvier par un autre militaire putschiste, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba. Les partis politiques n’avaient alors pas le droit d’organiser des réunions publiques mais pouvaient maintenir leurs activités.
Damiba, accusé par la junte actuelle d’être le cerveau de plusieurs tentatives de putsch, a récemment été extradé le 20 janvier du Togo, où il s’était réfugié, vers le Burkina.


