L’ONG de défense des droits humains Amnesty International demande la libération immédiate de sept membres de l’opposition rwandaise et d’un journaliste, jugés jeudi pour avoir cherché à discréditer le gouvernement.
Le groupe avait été arrêté fin 2021, alors qu’il préparait une action de protestation non violente, en partie basée sur un livre de l’écrivain serbe Srdja Popovic, « Comment faire tomber un dictateur quand on est seul, tout petit, et sans armes », selon des informations de presse.
Les accusés sont poursuivis notamment pour formation d’une entreprise criminelle et conspiration en vue de créer des troubles. Leur procès a commencé jeudi dans la capitale rwandaise Kigali, et l’accusation a demandé des peines allant de 20 ans de prison à la prison à vie, selon Amnesty.
Le gouvernement du président rwandais Paul Kagame est régulièrement accusé de violations continuelles des droits humains et de répression de l’opposition politique et de la liberté de la presse.
Amnesty a appelé à ce que les sept opposants et le journaliste, qui ont déjà passé trois ans en détention, soient libérés « immédiatement et sans condition ». Parmi les prévenus figure Theoneste Nsengimana, dirigeant d’une chaîne Youtube populaire, Umubavu TV, qui diffusait régulièrement des contenus critiquant le gouvernement.
Un groupe de travail sur la détention arbitraire du Conseil des droits de l’homme des Nations unies avait estimé en avril que les arrestations des huit personnes étaient une violation de leurs droits et constituaient une « privation de liberté ».
Paul Kagame est le leader de facto du Rwanda depuis 1994 et a été élu président par le Parlement en 2000. Il est reconnu pour avoir reconstruit une nation traumatisée après le génocide de 1994, mais est aussi accusé de régner dans un climat de peur.