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Soudan : des images satellites révèlent des traces d’incendies dans un camp de déplacés

Des traces d’incendies dans un camp de déplacés au Darfour, dans l’ouest du Soudan, ont été identifiées mercredi par le Humanitarian Research Lab de l’université américaine de Yale (HRL), le cinquième incendie à frapper le site depuis début février.

Dans un rapport publié mercredi, le laboratoire, s’appuyant sur des images satellites capturées entre le 21 et le 27 mars, révèle une « cicatrice thermique » continue balayant du nord-ouest au sud-est le camp d’Al-Umda, dans le Darfour-Nord.

Selon l’Organisation mondiale pour les migrations (OIM), l’incendie a déplacé 971 foyers, réduit en cendres plus de 881 abris et endommagé 90 autres dans ce camp situé à Tawila, une ville refuge où vivent des centaines de milliers de déplacés ayant fui les combats entre l’armée et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR).

Un enfant est mort brûlé vif lors du sinistre survenu le 21 mars, selon le Conseil de coordination des cellules d’urgences de Tawila et Jebel Mara.

L’incendie aurait été provoqué par « la cuisson de lentilles, de vents forts, de surpopulation et d’abris inflammables », selon la même source.

Dans ce camp où s’entassent plus de 269.000 personnes et où la plupart des abris sont construits en bois et en paille hautement inflammables, le manque de ressources, notamment d’eau, rend les départs de feu incontrôlables.

Une analyse du HRL de clichés du 27 mars révèle l’apparition de nouveaux abris au milieu des zones calcinées, probablement « installés après l’incendie. »

Depuis début février, l’OIM a rapporté cinq départs de feu dans le camp à Al-Umda. Au total, les incendies ont détruit plus de 1.613 abris.

La majorité des résidents d’Al-Umda sont des rescapés du camp de Zamzam – site déclaré en état de famine par l’ONU – qu’ils avaient dû fuir en avril 2025 après une offensive majeure attribuée aux FSR.

Près de trois ans de guerre au Soudan ont fait plusieurs dizaines de milliers de morts et déplacé 11 millions de personnes, provoquant ce que l’ONU qualifie de pire crise humanitaire au monde.

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