Site icon AFRIQUES

Rwanda- Mozambique : Kigali menace de retirer ses soldats de Cabo Delgado

Le Rwanda a averti ce samedi qu’il retirerait ses troupes aidant à la lutte anti-jihadiste dans le nord du Mozambique. Une décision que Kigali justifie par faute de garanties de financements.

Cette annonce intervient alors que le géant français TotalEnergies a récemment relancé un vaste projet de gaz naturel liquéfié dans la région.

Le chef de la diplomatie rwandaise Olivier Nduhungirehe a déclaré sur X que le Rwanda « retirera ses troupes du Mozambique si un financement durable n’est pas garanti pour ses opérations antiterroristes à Cabo Delgado ».

Une publication en réponse aux informations relayées par plusieurs médias évoquant l’expiration prochaine d’un financement européen.

Vendredi dernier, le gouvernement rwandais avait indiqué que la facilité européenne pour la paix avait déboursé environ 20 millions d’euros pour le déploiement anti-jihadiste, mais que le coût pour le Rwanda était « au moins 10 fois supérieur ».

Nduhungirehe indique que pour stabiliser cette région et favoriser le retour des habitants et des entreprises opérant des investissements en gaz naturel liquéfié, le Rwanda a dépensé des « centaines de millions de dollars » et sacrifié nombre de soldats .

Le chef de la diplomatie Rwandaise justifie également ce retrait en soulignant que le Rwanda a vu ses « vaillants soldats constamment remis en question, diffamés, critiqués, blâmés ou sanctionnés par les pays mêmes qui profitent grandement de l’intervention au Mozambique ».

Il annonce à cet effet que le Rwanda est « prêt à quitter le Mozambique (son) travail et (ces) réussites ne sont pas reconnus à leur juste valeur. »

Il faut noter, depuis 2017 la province du Cabo Delgado, dans le nord du Mozambique, est confrontée à des conflits armés qui ont déjà fait au moins 6.400 morts, d’après l’ONG Acled qui collecte des données sur les zones de conflit.

Depuis 2021, le Rwanda a déployé dans la province du Cabo Delgado près de la frontière avec la Tanzanie, environ 1.000 militaires et policiers pour lutter contre une insurrection locale affiliée depuis 2017 au groupe jihadiste État islamique.

Rappelons que le nord du Mozambique abrite d’énormes réserves de gaz qui font l’objet d’importants projets d’exploitation portés par des multinationales dont TotalEnergies, l’italien ENI ou l’américain ExxonMobil.

Quitter la version mobile