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RDC : Kinshasa annonce un accord avec Washington pour recevoir des migrants expulsés

La République démocratique du Congo (RDC) accueillera dans quelques jours les ressortissants de pays tiers expulsés des États-Unis. Cette décision a été annoncée par le gouvernement congolais dans le cadre d’un accord conclu avec Washington.

Sans préciser le nombre de personnes qui seront affectées, cet accord est présenté comme temporaire et s’inscrit dans le cadre des mécanismes migratoires américains.

Selon Kinshasa,les frais liés par cette opération seront entièrement financés par les États-Unis, et seront sans impact sur le Trésor public congolais.

Alors que le gouvernement a validé cet accord, la société civile critique cet accord, et appelle à ne pas l’appliquer, craignant des risques dans un pays confronté à des problèmes sécuritaires et des crises de déplacés internes.

Timothée Mbuya, acteur de la société civile membre de l’ONG Justicia ASBL, dénonce cet accord et indique que « ni la population congolaise, ni les députés nationaux et les sénateurs n’ont été informés. Il n’y a pas eu non plus de débat public autour de ces accords. Le Congo n’est pas un dépotoir pour recevoir des individus ou des personnes qui sont refoulés ou qui ne sont pas acceptés dans d’autres pays. Notre pays ne dispose pas suffisamment d’infrastructures pour pouvoir accueillir ce genre de personnes. »

Pour nombre d’auteurs de la société civile, la priorité devrait être de s’occuper des plus de six millions de Congolais, déplacés internes.

En effet, selon l’accord, le mécanisme prévoit l’accueil encadré de migrants expulsés par les États-Unis, conformément aux critères établis conjointement entre Kinshasa et Washington. Le gouvernement congolais précise qu’il ne s’agit ni d’un programme de relocalisation permanente ni d’une externalisation de la politique migratoire des États-Unis. Il souligne que le séjour des personnes concernées est strictement temporaire.

Kinshasa explique que chaque dossier fera l’objet d’un examen individuel, conformément aux lois congolaises et aux exigences de sécurité nationale. Aucun transfert automatique ne sera autorisé indique le gouvernement congolais en révélant que des sites d’accueil ont déjà été identifiés dans les faubourgs de Kinshasa.

Pour l’heure, ni le nombre exact d’expulsés attendu, ni la date d’arrivée, ni les intérêts de la RDC ne sont pas encore connus. Le gouvernement n’a communiqué aucune réponse officielle à ces sujets.

Bien que Kinshasa n’ait pas mentionné sa contrepartie directe, il faut souligner que cet accord intervient dans un contexte de coopération renforcée entre les Etats Unis et la RDC. Il s’agit notamment de coopération dans le domaine économique, avec un accord minerais contre sécurité, et dans le domaine sanitaire avec une promesse de 900 millions de dollars des États-Unis.

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