Un haut responsable américain s’est rendu à Bamako lundi pour « insuffler une nouvelle dynamique à la relation bilatérale » avec ce pays sahélien dirigé par une junte souverainiste qui a tourné le dos à ses anciens partenaires occidentaux ces dernières années.
Le chef du bureau des affaires africaines du département d’État américain, Nick Checker, a rencontré lundi matin le ministre des Affaires étrangères malien, Abdoulaye Diop. Il doit également rencontrer le chef de la junte, le général Assimi Goïta. « Nick Checker se rend à Bamako afin de transmettre le respect des États-Unis d’Amérique pour la souveraineté du Mali et leur volonté d’insuffler une nouvelle dynamique à la relation bilatérale », a annoncé dimanche sur X l’ambassade américaine au Mali.
Le Mali, pays sahélien en proie à plus d’une décennie de conflit et de violences jihadistes, est dirigé par des militaires arrivés au pouvoir par deux coups d’État en 2020 et 2021.
Cette junte qui se réclame du souverainisme, a tourné le dos à ses partenaires occidentaux pour se rapprocher politiquement et militairement de la Russie, notamment en faisant appel au groupe paramilitaire russe Wagner devenu Africa Corps. Depuis plusieurs mois, les groupes jihadistes au Sahel étendent leur influence vers l’ouest et au sud vers le littoral du golf de Guinée.
Selon un diplomate malien, « parmi les conditions de l’implication des États-Unis, figurent le retour à l’ordre constitutionnel et la fin du contrat avec Africa Corps ». L’ambassade américaine a également indiqué qu’elle doit « consulter d’autres gouvernements de la région, notamment le Burkina Faso et le Niger, sur des intérêts communs en matière de sécurité et d’économie ».
Ces deux pays sahéliens sont également dirigés par des juntes autoritaires arrivées au pouvoir par des coups d’État, avant de se détourner des alliés occidentaux pour se rapprocher de la Russie.
Les États-Unis avaient suspendu une grande partie de leur aide au développement et de leur coopération militaire après l’arrivée au pouvoir de ces militaires souverainistes entre 2020 et 2023.
Mais depuis l’arrivée de l’administration Trump, Washington affiche désormais une nouvelle approche: « faire de la diplomatie commerciale un axe central » de son engagement en Afrique

