L’ancien patron des renseignements du Mali a été condamné vendredi par la Cour d’assises de Bamako à 15 ans de prison pour « complot contre le gouvernement », au terme d’un procès de dix jours au cours duquel il a ouvertement accusé la junte au pouvoir de corruption.
Le Colonel-Major Kassoum Goïta, ancien directeur de la Sécurité d’Etat était accusé d’avoir participé à un projet de tentative de coup d’État et de déstabilisation des institutions. Il a été reconnu coupable des faits d’association de malfaiteurs et de complot contre le gouvernement.
Le procureur avait requis 20 ans de réclusion pour Kassoum Goïta et cinq autres accusés. Lors de ce procès, le colonel-major Goïta a nié les faits et a ouvertement accusé les autorités au pouvoir d’avoir détourné de l’argent et de l’avoir fait torturer.
Kassoum Goïta avait été nommé chef des renseignements après le renversement du président élu Ibrahim Boubacar Keïta en 2020, auquel avait participé l’actuel chef de la junte au pouvoir, le général Assimi Goïta. Les deux hommes n’ont aucun lien de parenté.
Sous pression de la Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), le colonel à la retraite Bah N’Daw avait été nommé président de la transition avant d’être renversé lors d’un second coup d’Etat en 2021 par Assimi Goïta et ses compagnons. S’en est suivie une « purge » lors de laquelle Kassoum Goïta et d’autres ont été arrêtés, selon l’avis de leurs avocats à l’époque.
Au total, six personnes étaient poursuivies lors de ce procès, toutes ont nié les faits et ont écopé de peines allant de 7 à 15 ans de prison. Par ailleurs, les accusés doivent payer un franc symbolique à titre de réparation.


