Le journaliste malien Youssouf Sissoko a été condamné ce lundi à deux ans de prison ferme par le tribunal de Bamako.
Arrêté le 5 février et placé en détention pour « diffusion de fausses informations, atteinte à la réputation de l’État et insulte à l’égard d’un chef d’État étranger », la condamnation de sissoko intervient après la publication d’un article critiquant le chef de la junte du Niger, le général Abdourahamane Tiani.
En effet le 2 février, Youssouf Sissoko, chef de publication du journal malien L’Alternance, a publié un article reprochant au chef de la junte du Niger, Abdourahamane Tiani, d’avoir accusé la France, la Côte d’Ivoire et le Bénin d’être impliqués dans une attaque contre l’aéroport de Niamey fin janvier. Une attaque revendiquée par le groupe jihadiste État islamique.
Comparu devant le tribunal du pôle national de lutte contre la cybercriminalité, le patron de presse à été condamnés à deux ans de prison ferme et au paiement d’un million de francs CFA de dommages et intérêts.
Boubacar Yalkoué, président de l’ASSEP réagi à cette décision en indiquant que « le verdict n’est pas du tout en faveur de l’apaisement ». Il annonce par ailleurs que l’ASSEP fera appel de cette décision.
Dans un communiqué publié quelques heures après la condamnation de sissoko, l’association de presse a exprimé sa « profonde indignation » et a dénoncé un « recul préoccupant de la liberté d’expression et de la liberté de la presse ».
D’un autres côté, Reporters sans frontières (RSF) a qualifié cette décision de « violation grave de la liberté de la presse ». Dans un communiqué, Reporters sans frontières réclame la « libération immédiate » de Youssouf Sissoko
Rappelons que le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont formé désormais la confédération,de l’Alliance des États du Sahel (AES) dirigés par des juntes issues de coups d’État commis entre 2020 et 2023.

