La Somalie a annoncé lundi annuler tous les accords la liant avec les Émirats arabes unis, invoquant des « actions hostiles sapant la souveraineté nationale ».
« Après avoir soigneusement évalué les récents développements et exerçant son autorité constitutionnelle, le Conseil des ministres a annulé tous les accords conclus avec les Émirats arabes unis ». Cette décision, qui inclut « les accords bilatéraux de coopération en matière de sécurité et de défense », mais aussi ceux signés avec les administrations régionales, « repose sur des rapports crédibles et des preuves convaincantes concernant des actions hostiles sapant la souveraineté nationale, l’unité territoriale et l’indépendance politique du pays », affirme le Conseil des ministres.
Sont également concernés le port de Berbera au Somaliland, propriété d’un groupe émirati, ainsi que ceux de Bosaso (au Puntland, nord-est de la Somalie) et de Kismayo (au Jubaland, sud-ouest), précise le texte. Le Puntland et le Jubaland ont des relations complexes avec le gouvernement fédéral somalien.
Les Émirats sont perçus par de nombreux experts comme étant derrière la reconnaissance récente par Israël de la république autoproclamée du Somaliland, un territoire sur lequel Mogadiscio revendique sa souveraineté.
La coalition dirigée par l’Arabie saoudite au Yémen a également affirmé jeudi que le chef des séparatistes yéménites, soutenus par les Émirats arabes unis, avait été exfiltré à Abou Dhabi, la capitale émiratie, via les ports de Berbera et Mogadiscio.
La Somalie a alors indiqué avoir ouvert une enquête pour déterminer si son espace aérien et ses aéroports avait été utilisés sans son autorisation. Arabie saoudite et Émirats arabes unis, autrefois unis face aux rebelles houthis au Yémen, s’y battent désormais par factions interposées. Ryad et Abou Dhabi connaissent aussi de fortes divergences au Soudan. Les Émirats arabes unis, cas rare dans le monde musulman, n’ont pas condamné Israël pour sa reconnaissance du Somaliland, contrairement à l’Arabie saoudite.

