Après plus d’un mois de grève, le président gabonais Brice Oligui Nguema s’est rendu ce lundi dans deux lycées publics de la capitale Libreville afin de mettre fin à la grève qui secoue le Gabon.
Ce déplacement du président au lycée Omar Bongo puis au lycée Léon Mba, s’inscrit dans la vision d’accélérer la reprise des cours et de mettre fin à la grève qui paralyse le système éducatif.
Après avoir suivi la traditionnelle levée des drapeaux qui précède le démarrage des cours, Oligui Nguema s’est exprimé devant un parterre d’élèves et d’enseignants en ces mots : « Moi-même fils d’enseignant, je connais vos réalités. Je prends vos problèmes à bras-le-corps et je m’engage à les résoudre méthodiquement et progressivement ».
Une prise de parole qui intervient au moment où les classes de plusieurs autres établissements publics de Libreville demeurent vides.
Par ailleurs, un professeur sous anonymat a confié que le ministère de l’Education nationale met d’énormes pressions sur les professeurs grévistes afin de suspendre la grève.
Des propos qui se confirment par la présence des notes de direction affichées, sur lesquels ont peut lire : « Un contrôle de présence des enseignants et des élèves sera effectué ».
Les origines de la grève
En ce qui concerne la principale raison de cette grève, Junior Anguila Obame, professeur de français à Libreville explique que les enseignants gabonais s’estiment « précarisés » en raison de salaires gelés depuis dix ans.
Ces enseignants ont alors créé début décembre un collectif, dénommé SOS Education. Un mouvement pour se faire entendre. Toujours dans l’objectif de se faire entendre, ils ont initié un mouvement de grève qui a rapidement essaimé dans le pays, et provoqué la paralysie du système éducatif gabonais.
En effet, un instituteur en début de carrière perçoit 350.000 francs CFA par mois, soit 530 euros, un salaire qui ne suffit plus à faire face au coût de la vie élevé au Gabon, où l’inflation a été en moyenne de 2,6% par an entre 2016 et 2024.
Le gouvernement gabonais en réaction à cette situation avait signé le 19 janvier dernier un accord avec les syndicats.
Accord selon lequel, la situation de 4.000 enseignants devrait « régulariser » d’ici le 25 février alors que le Gabon compte au moins 16.000 enseignants selon le Syndicat national de l’éducation nationale (SENA).
Les membres du collectif SOS Education, ont alors décidé de poursuivre la grève car ils jugent ces “ annonces insuffisantes”.
Rappelons que la dernière grève des enseignants au Gabon avait eu lieu en 2022, à la fin de l’ère Ali Bongo, renversé par le coup d’Etat du général Oligui Nguema en août 2023.

