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Ethiopie : Debretsion Gebremichael élu à la tête du Parlement du Tigré

En pleine escalade avec Addis Abeba, le parlement de l’Etat régional du Tigré a élu ce mardi à sa tête le chef du TPLF.

Une élection qui selon le TPLF met fin à l’administration intérimaire désignée par le gouvernement fédéral depuis 2022. Administration issue d’un accord de paix conclu entre les forces régionales du Tigré et l’armée fédérale soutenu par des milices locales et l’armée érythréenne.

Élu en 2020 après le rejet par le TPLF (Front de libération du Peuple du Tigré), le Parlement régional du Tigré dirigeait la région du Tigré, après le report d’un an des législatives décidé par le Premier ministre Abiy Ahmed.

Debretsion Gebremichael, chef du Front de libération du Peuple du Tigré (TPLF) est désormais le nouveau dirigeant élu pour conduire le Parlement régional. Une élection qui met fin à « l’administration intérimaire « , selon Amanuel Assefa, numéro 2 du TPLF.

Après son élection, Debrietsion a affirmé que « l’accord de paix de Pretoria s’est effondré » à cause du gouvernement fédéral.

Le TPLF, qui a dirigé l’Ethiopie durant près de 30 ans, avant d’être contesté puis marginalisé à l’arrivée au pouvoir de Abiy en 2018, a été radié de la liste des partis enregistrés, mais reste encore tout puissant au Tigré.

Pour l’heure le gouvernement fédéral n’a pas encore réagi à cette élection au parlement.

Kjetil Tronvoll, spécialiste de la région au Oslo New University College, analyse la situation et indique que la stratégie du TPLF vise « à faire des vagues, afin de voir si cela permet au Tigré d’obtenir une position plus forte dans les négociations sur son statut financier et politique au sein de la fédération ». Selon lui, il s’agit d’une »manoeuvre désespérée » qui rend la situation « extrêmement inquiétante ».

D’un autre côté, Abel Abate Demissie, chercheur du groupe de réflexion Chatham House estime que « ces manœuvres incessantes pourraient facilement déboucher sur un conflit désastreux ».

Rappelons que mardi dernier, les autorités éthiopiennes ont accusé l’armée soudanaise d’avoir financé des « mercenaires » du TPLF. Accusation qui a été aussitôt démentie.

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